jeudi 14 décembre
Les traditions de Noël de France et de Navarre
Les fêtes approchant, j'ai ressorti mon petit livre:
"Guide et astuces pour réussir Noël" de Marguerite Russo.
Je ne résiste pas à vous faire partager ces traditions des 4 coins de France.
"Dans les grandes lignes, la tradition de Noël en France, de Lille à Perpignan et de Brest à Lyon est aujourd'hui assez semblable. On y décore de part et d'autre des sapins fraîchement coupés, aux pieds desquels les enfants et les adultes découvriront leurs cadeaux. On y déguste des dindes aux marrons et des bûches glacées, des huitres et du foie gras. Malgré tout quelques différences subsistent, elles donnent aux fêtes de quelques régions une coloration distincte, particulière. C'est le cas en Provence où les santons ont là-bas plus d'importance que partout ailleurs. Ces différences étaient autrefois bien plus marquées, chaque région avait sa propre tradition de Noël avec son menu typique, ses propres saveurs. Vous serez peut-être étonnés de découvrir la place de choix réservée au porc dans les menus de Noël autrefois, en France. Il vous faudra alors songer aux Romains de l'antiquité qui appréciaient particuliérement le porc jusque dans ses parties les plus intimes..."
Noël en Vendée
"A la nuit tombée, dans les familles bourgeoises, on ramenait une grosse bûche à laquelle était attachée la corde du puits. Les gens de maison se répartissaient en deux groupes dont chacun saisissaient une extrémité de la corde. D'un côté les bons esprits, de l'autre les mauvais. Les uns tirant pour emmener la bûche dans la maison, les autre pour l'empêcher d'y entrer, selon une véritable mise en scène datant du Moyen-Age. Evidemment le bien sortait vainqueur du combat, sinon quel intérêt ? Toutefois le suspens était ménagé quelques instants dans les cris batailleurs des deux équipes. L'objet du triomphe, la bûche, soigneusement parée d'une guirlande était ensuite bénite et portée sur l'âtre."
Noël en Provence
" Se marier en Avent - aura grand mécontent (menton)
Arlette Dauphin nous dit:" A Bourg-les Sadelles, comme dans toute la Provence, il est d'usage depuis un temps immémorial, de manger une dinde rôtie le soir de Noël." Mais aussi une carde au repas maigre de la veille.
Vers sept heures du soir on allumait la somptueuse bûche, elle devait brûler la moitié de la nuit.
C'est au dernier né de la maison que revenait la charge des libations sur la bûche ; symbolisme religieux très sophistiqué, le Christ s'étant comparé au bois vert. L'enfant versait un verre de vin sur la bûche. Au même moment le patriarche prononçait dans la langue du pays les paroles de bénédictions solennelles:
"Alegre ! Diou nous alegre !
Cacho-fio ven, tout ben ven
Diou nous fague la graci de veire l'en que ven,
Se sian pas mai, siguen pas men !"
"Réjouissons-nous ! Que Dieu nous donne la joie ! Avec la Noël, nous arrivent tous les biens. Que Dieu nous fasse la grâce de voir l'année qui va venir. Et si l'an prochain nous ne sommes pas plus, qu nous ne soyons pas moins !"
LES 13 DESSERTS ou PACHICHOIO
Pourquoi 13 ? Parce qu'il y avait 12 apôtres et Jésus ... Mais les desserts varient d'une région à une autre, d'une famille à l'autre. Cependant, il y a des traditions communes : les fruits, le nougat et la pompe. On fait aussi des tartes et des tourtes.
Parmi les fruits on retrouve principalement les noix, amandes, noisettes et figues séches qu'on appelle mendiants. Ce nom leur a été donné par similitude entre leurs couleurs et celles des habits de moines apartenant aux ordres mendiants. Ainsi les noix comme les noisettes évoquent les augustins, les figues rappelent les franciscains. Les amandes représentent les carmes et les raisins se rattachent aux dominicains. Par ailleurs, raisins, pommes et poires sont aussi de la fête comme les melons dans le Vaucluse et les châtaignes dans le Haut-Var."
Noël en Bretagne
"Autrefois en Bretagne, à Dol précisement, était joué un mystére appelé "Vie d'Hérode."
Quatre hommes et un enfant d'une dizaine d'années se distribuaient les rôles, Hérode, deux de ses gardes, un habitant et un enfant de Judée. Vêtus d'oripeaux et armés d'épées de bois argenté, ils se rendaient de café en café chantant le divin enfant et demandant l'autorisation de jouer la vie d'Hérode. Personne ne refusait, les mystéres étaient fort appréciés."
Noël en Lorraine
"Autrefois en Lorraine, le 24 décembre était jour de grand nettoyage tant pour l'habitation que pour l'écurie ou encore l'étable. Le bétail n'était pas négligé, la litière était changée et plus épaisse qu'à l'accoutumée, une double portion de fourrage était distribuée aux animaux. A la nuit tombante, toute la famille et même les gens de maison mangeaient un peu de gâteau puis chacun s'habillait comme il l'eut fait un dimanche. Les hommes de la maison allaient ensuite chercher une belle bûche, celle-ci était parée de lierre puis bénite et enflammée. La veillée se passait en chantant, en contant des histoires et en mangeant du gâteau, le con'hhé ainsi que des noix arrosés de vin de pays. Puis, on se rendait à l'église une demi-heure avant minuit.
En rentrant de la messe, une jeune femme si elle était désireuse de se marier devait frapper trois coups à la porte de poulailler. Si le coq se manifestait, elle pouvait espérer se marier très prochainement. Le moment du repas était venu ; il était composé de viande de porc, jambon et boudin."
Noël dans le Languedoc
"Dans l'Ariège, la veille de Noël, les enfants parcouraient les rues en frappant de portes et porte et en s'écriant :"Relheu, relheu - Se i a quicom de bon que sorte l'heu (si vous avez quelque chose de bon, sortez-le)." On leur offrait des gâteaux et des pommes. L'oie rôtie était de tradition au menu. Elle était servie avec une soupe aux choux dontla cuisson se terminait enfuie dans la cendre, avant la messe de minuit. On dégustait aussi des saucisses fraîches, du pâté et du foie gras."
Noël en Corse
A Noël, Natale, l'appel du Rocchiu (un cri corse) réunissait les enfants et les hommes pour aller chercher du bois. Branches, racines et arbres étaient ensuite rassemblés sur la place de l'église afin de constituer le tas le plus gigantesque possible pour y mettre le feu et fêter dans la lumière la venue du divin enfant ! L'ardent bûcher brûlait au moins jusqu'au 1er janvier. Ensuite chaque famille prenait soin de récupérer un peu de cendre pour la placer dans son foyer. La maison était ainsi purifiée, à l'abri de tout mauvais sort et de maladie. Les familles se réunissent dans la maison des grands-parents autour du fugone, une sorte de barbecue improvisé chaque année pour l'occasion et disposé au milieu de la pièce principale de la maison. Il parait qu'on y brûlait autant de grosses bûches qu'il y avait d'hommes dans la famille.
L'ambiance était toujours chaleureuse autour des flammes. Le cochon de lait ou un chevreau cuisait, embroché sur une solide brache de thym. Il ne faut pas oublier non plus les fabuleuses brochettes de merle parfumées aux myrtes sur leur lit de plantes aromatiques. Pour mettre un terme à la vendetta, le soir de Noël était l'occasion de faire la paix dans les différente familles.
Comme en Bretagne, les morts n'étaient pas oubliés, la porte était laissée ouverte pour qu'ils puissent venir consommer le repas qu'on leur avait préparé. Bien entendu, il ne restait jamais rien le lendemain."
Noël en Bourgogne
"La veille de Noël, les enfants de Bourgogne comme de bien des régions de France, allaient de maison en maison en chantant des chansons évoquant les rois mages, ils obtenaient des dons en argent ou en nature.
L'usag de la bûche de Noël y était fort répandu. On tenait même à ce que le feu brûle au moins toute la nuit de Noël afin que la Vierge puisse venir changer l'enfant et lui réchauffer sa bouillie ! Comme en Lorraine, on faisait aussi un grand nettoyage de la maison afin qu'elle soit accueillante pour la Vierge. En revanche le pain d'épice n'a pas été inventé en Bourgogne, mais en Chine par la dynastie Tang. Le mi-king (ou mi-kong, pain de miel) apparaît au 10éme siècle dans l'empire du milieu, mais dans le duché de Bourgogne, seulement au 14éme siècle. Le pain d'épice est fait d'une bouillie au miel qu'on appelle la gaude. Quand elle est moulée puis recuite, la gaude devient le pain de gaulderye : le pain d'épice."
Noël en Alsace
"A la fin du Moyen Age, il existait des tournées de quêtes à caractère comminatoire (païennes) qui furent perçues d'un mauvais oeil par l'église. Seule la tournée des écoliers se poursuivit jusqu'au 20éme siècle. La tradition de la bûche en Alsace ne prit jamais vraiment une place importante, on dit qu'en général les gens avaient l'habitude d'attiser le feu en y plaçant un peu de bois avant de partir à la messe pour trouver une maison bien chaude au retour.
Les petits pains du sapin à l'anis et à la noix, les "Springerle" sont avec d'autres petits gâteaux les premier confectionnés en Alsace; l'anis leur donne ce goût si typé, il est cultivé en France depuis le 19 éme siècle, nous prêtons à cette épice des vertus apéritives et digestives. La forme de ces biscuits est découpée à l'aide de moules en bois sculptés. La blancheur de ces gâteaux à l'anis est du plus bel effet pour décorer le sapin, lui donnant un air candide que nos ancêtres aimaient déjà."
Noël dans le pays de Caux
"Le repas se résume à une fricassée d'oiseaux noirs accompagnés d'une boisson chaude appelée le "flippe", elle se compose d'un mélange de cidre-doux, d'eau de vie et de sucre réduit au feu."


